Le service Histoire et patrimoine de Pont-Sainte-Maxence

Ce service a pour mission de collecter, trier, répertorier et archiver un ensemble de documents et d’objets collectés en lien avec l’histoire et le patrimoine de Pont-Sainte-Maxence.

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Service Histoire et patrimoine

Château Richard
20, rue Louis Boilet

60700 Pont-Sainte-Maxence

De quoi sont constitués les fonds ?

Des archives administratives mais aussi d’archives privées se rapportant à l’histoire de Pont-Sainte-Maxence.

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Organisation d’activités culturelles et patrimoniales

Le service Histoire et patrimoine développe des actions culturelles et patrimoniales dont l’objectif est de faire découvrir l’histoire et le patrimoine de Pont-Sainte-Maxence.

  • Participation aux Journées européennes d’archéologie (juin)
  • Participation aux Journées européennes du patrimoine (septembre)
  • Une exposition annuelle (des thématiques différentes chaque année)
  • La publication d’une revue annuelle d’informations : tous les exemplaires sont disponibles à la fin de cet article

Histoire de la ville

Pont-Sainte-Maxence appartient historiquement à la région du Valois. L’existence de la ville date du temps des Gaulois. Elle s’est appelée successivement Sancta Maxentia, Levandriac (VIIe siècle), Pont, Pont-Maxence, Pont-Montagne, Pont-la-Montagne, Pont-sur-Oise, Pont-sur-l’Oise jusqu’à la Révolution
Pont-Sainte-Maxence, telle qu’elle existe aujourd’hui, regroupe la ville initiale à laquelle ont été réunis le village de Sarron (décret du 5 juillet 1951) et la commune du Plessis-Villette (1828). Les Ageux ont également fait partie de la ville de Pont-Sainte-Maxence entre 1826 et 1833.

La ville est née de la rencontre de la route des Flandres (ancienne chaussée romaine) et de l’Oise. L’histoire de la commune, et notamment son passé militaire jusqu’à la fin du XVIe, est étroitement liée à cette rivière. En effet, l’importance stratégique du lieu vient du fait que c’était un des plus anciens passages sur l’Oise.

Charlemagne donne la terre de Pont à l’Abbaye de Saint-Lomer (Diocèse de Blois). En 842, il est repris par Charles le Chauve pour être intégré au Comté de Beauvais. La seigneurie de Pont va appartenir au domaine de la Couronne jusqu’à ce que Philippe-Auguste la donne en 1221 à Gaucher de Châtillon qui l’avait accompagné en Terre-Sainte puis ce domaine changera de famille au fil des siècles jusqu’en 1789.

Son importance stratégique fait que les Anglais se rendront maîtres de la ville en 1359 jusqu’en 1435, année durant laquelle trois compagnons de Jeanne d’Arc la délivreront. La ville sera assiégée par les Bourguignons en 1464. En 1658, une crue détruit le château féodal qui se trouvait sur une île, aujourd’hui disparue, entre Pont et Sarron.

Au cours des siècles, des ponts furent construits et détruits (1814, 1914 et 1940), le premier est connu depuis 673. Le premier pont moderne fut édifié entre 1774 et 1785 par l’architecte et ingénieur Jean-Rodolphe Perronet, Le pont actuel a été inauguré en octobre 1949, mais on peut encore y voir les vestiges, classés monument historique, du pont de Perronet.

Le développement économique de la ville s’est d’abord organisé autour du commerce, en particulier des vins et spiritueux et de l’agriculture, avant de connaître une ère industrielle importante avec notamment deux entreprises fermées aujourd’hui la Cerabati (carreaux de grès) et la Salpa (cuirs reconstitués et « synderme »). Le port, situé à l’extrémité ouest de la ville, est aujourd’hui le premier port céréalier de Picardie.

Une écluse moderne de 46 mètres de long sur 8 de large, existe aujourd’hui sur une dérivation de l’Oise. Elle remplace l’ancienne écluse et le barrage.


La légende de Sainte Maxence : par Louis Graves (1830)

Maxence était fille de Malconus, roi d’Ecosse ; convertie avec sa famille à la foi chrétienne, par saint Patrice, elle se voua à la religion, quoiqu’elle eût été promise à un prince barbare et païen, nommé Maxent, dit la légende, demeurant en la contrée du septentrion tendant vers la Scythie.

Maxence, voulant éviter ses poursuites, s’enfuit du palais paternel avec Barbentius, son serviteur, et Rosébia, sa suivante : parvenue sur les bords de la mer, elle ne trouva aucun navire au port ; elle se mit aussitôt en prière avec ses compagnons, et, dès qu’ils eurent fini, ils aperçurent un vaisseau qui les transporta gratuitement en France.

La princesse arriva au pays de Beauvaisis, et chercha une retraite dans un site assez agréable, où il y avait un pont sur l’Oise. On prétend qu’au lieu de traverser ce pont, ou peut-être parce que le passage lui fut refusé, elle jeta dans l’Oise trois grosses pierres, au moyen desquelles elle parvint sur l’autre bord ; on ajoute qu’on n’a jamais pu retirer ces pierres, malgré toutes les tentatives faites en différents temps pour en dégager le lit de la rivière : elles sont ou doivent être entre le pont actuel et l’île de la Plaine.

Cependant Maxent arriva bientôt sur les bords de l’Oise ; il essaya d’abord de vaincre, par des prières, la résolution de la jeune vierge et de séduire ses serviteurs à prix d’argent ; mais ayant échoué dans ses tentatives, son affection se changea en fureur, et, saisissant la princesse par les cheveux, « il lui tranche la tête de son épée, de laquelle incontinent après il tua Barbentius et Rosébia : ce tyran après avoir commis ces meurtres reprit le chemin de son pays : le corps de la vierge se leva de terre, et prenant sa tête entre ses mains, la transporta du lieu de son martyre où est bâtie une petite église en son honneur et mémoire, au lieu où son corps est à présent reposant ».

Quelques temps après, on édifia une église au lieu de sa sépulture en laquelle par succession de temps plusieurs miracles ont été fait, les aveugles y ont reçu les yeux, les lépreux guérison, les démons ont été chassé, et les morts ressuscités. Le sépulcre fut fort visité par S. Charlemagne. Tant que les miracles se faisaient, il fit plusieurs largesses et donations en vignes, forêts, revenus, dimes, et en plusieurs possessions, qu’il donna à ladite église. Les corps de Barbentius et Rosébia furent aussi honorablement enterrés par des gens pieux assez proche du corps de Sainte Maxence, d’où quelques temps après, les habitants du lieu s’efforcèrent de les lever de terre pour les transporter en l’église de Sainte Maxence : mais une soudaine et grande épaisseur de brouillard, qui se présenta devant leurs yeux, leur donna si grande épouvante qu’ils prirent la fuite. Personne depuis ne s’est ingéré de les lever, encore que plusieurs lampes et flambeaux, indices de leur sainteté, soient apparus de nuit sur leurs sépulcres et monuments. (Louvet, Antiquitez du pays de Beauvaisis, pag. 206). Telle est l’histoire de Sainte Maxence, qui a, comme on voit, des traits communs avec la légende de plusieurs autres martyrs. Le jour de son supplice est marqué au 20 novembre.

Louis Graves est un géologue, botaniste, archéologue et ethnologue français, né le 21 octobre 1791 à Bordeaux et mort le 5 juin 1857 à Paris. Bien que ses études à l’université de Bordeaux le prédisposent pour une carrière scientifique, il n’exercera ses passions qu’à titre privé, les circonstances de la vie lui faisant accepter un poste de fonctionnaire à la préfecture de Beauvais en 1817. Il y restera pendant vingt-cinq ans et publiera des monographies minutieuses sur les cantons du département, qui lui donnent une grande popularité mais aussi une grande influence sur la marche intellectuelle du département. Graves popularise l’archéologie et parvient à susciter de l’intérêt pour les monuments de l’architecture médiévale jusque-là aperçue comme barbare. Louis Graves reste également connu pour avoir été l’un des membres fondateurs de la Société géologique de France et pour avoir cofondé la Société botanique de France. De 1842 jusqu’à sa mort, il habite Paris, travaillant d’abord comme chef de bureau au ministère des Finances, puis devient directeur des Eaux et forêts en 1854.


Pont-Sainte-Maxence, un site archéologique !

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La façade monumentale du site gallo-romain

En mars 2014, la création d’une zone commerciale permit à une équipe d’archéologues de l’INRAP missionnée par l’Etat et dirigée par Véronique Brunet-Gaston, de découvrir un site gallo-romain sur « Le Champ Lahyre ».
Le passé antique de Pont-Sainte-Maxence étant encore peu connu, la découverte de ce vaste édifice datant du milieu du IIème siècle et début du IIIème siècle de notre ère s’avère donc aujourd’hui inattendue, d’autant que sa statuaire remarquable n’a pas d’équivalent en Gaule romaine.
Le monument romain a été édifié le long d’une voie, périphérie d’une agglomération romaine située à la frontière des cités des Bellovaques, des Silvanectes et des Suessions, au croisement de la rivière Oise et de deux voies antiques.

Le lieu de culte

Ce lieu de culte, compris dans une enceinte de 105 m x 70 m, possède deux petits pavillons à l’arrière, dont seules les fondations sont conservées. Au centre de cette enceinte, la cella, un édicule surélevé, est accessible par un escalier en façade. Elle constitue le cœur du sanctuaire où était érigée la statue d’une divinité. Les archéologues y ont découvert de nombreux éléments de balustrade en Liais de Senlis laissant entrevoir la qualité du décor. Cette cella se reflétait dans les eaux d’un bassin rectangulaire situé dans son axe. Le mobilier métallique prélevé lors de la fouille (dont une monnaie d’argent) suggère la vocation cultuelle du site.

La façade

L’entrée se faisait par une façade monumentale de 10,5 m de haut sur 70 m de long, dimensions exceptionnelles en Gaule romaine. Cette façade est percée d’une série de 17 arcades, construite sur un module en pied romain (29,7 cm). Ces arcades sont surmontées d’un entablement, fait exceptionnel, d’une frise d’attique qui évoque davantage le vocabulaire architectural des arcs triomphaux, et de statues. La découverte d’un fragment de lettre en bronze et d’un bloc portant des cavités de fixation atteste l’existence d’une dédicace. En étudiant minutieusement les blocs, les archéologues ont deviné certaines techniques de construction et de mise en œuvre. Ainsi, la découverte d’agrafes métalliques, parfois encore fichées dans les blocs, nous explique comment ceux-ci étaient maintenus entre eux. Les faces cachées des blocs sculptés révèlent les traces laissées par les outils des tailleurs de pierre. Préservées des intempéries, des traces de couleur bleue, verte et rouge témoignent de la polychromie originelle de la façade. L’ornementation, parfois rehaussée de couleurs, révèle une profusion de décors sculptés : méandres à grecque, rinceaux, animaux, canthares, personnages sur culots d’acanthe…

L’entablement

La richesse et la qualité du décor de la façade évoquent le style de l’école du Rhin et l’iconographie semble inspirée des ateliers de Méditerranée orientale. Des griffons qui alternent avec des têtes monumentales à la chevelure ondulante couronnent l’ensemble. Aucun visage complet n’a été préservé, ce qui rend difficile leur identification (Vulcain, Apollon ou Bacchus ?), hormis celui de Jupiter-Ammon, reconnaissable à ses cornes de bélier.

Le seul visage partiellement conservé laisse deviner une barbe ; le vide des yeux devait être incrusté de pierres. L’attique est orné de monstres marins et la frise offre diverses scènes mythologiques.
Une Vénus accompagnée d’une tête de vieille femme fait partie des blocs majeurs retrouvés. Cette sculpture rappelle un épisode relaté par Homère (Odyssée VIII) : après son aventure avec Mars, l’épouse de Vulcain se retire dans les bois. Une vieille dame apprit aux dieux, qui la recherchaient, le lieu de sa retraite. Pour la punir, Vénus la métamorphosa en rocher.

Sous la frise, l’architrave est ornée de rinceaux et de grecques, tandis que les pilastres sont ornés de personnages.

Modélisation 3D pour l’exploitation numérique d’objets

La qualité des blocs de la façade gallo-romaine trouvés a permis le lancement d’un projet de numérisation et d’exploitation des modèles. Le groupe PAGE de l’INSA de Strasbourg a été missionné pour la numérisation, l’anastylose (reconstruction à partir de plusieurs morceaux) et la mise en place de méthodes exploratoires pour mieux comprendre la démolition de la façade. L’acquisition des données s’est faite en deux temps, en fonction de la taille et du poids des blocs. Les plus gros blocs et ceux endommagés ne pouvant être déplacés ont été traités par photogrammétrie au dépôt. Les autres ont été numérisés par un bras-laser à l’INSA.

Une fois l’acquisition réalisée et différentes méthodes de reconstruction effectuées, l’anastylose des blocs les plus travaillés a conduit à une hypothèse de façade complète permettant l’élaboration de scénarii de chute de l’édifice.

Numérisation 3D par Photogrammétrie et Lasergrammétrie

La reconstruction 3D est un moyen de documenter les blocs dont la dégradation ne permet pas de conserver durablement l’état au moment de la découverte. Les deux techniques employées sont basées sur des principes différents mais qui permettent de produire des données de nature comparable : des nuages de points.

Elles sont pertinentes pour la documentation d’objets fragiles car elles opèrent sans contact. La surface de l’objet est ainsi enregistrée en trois dimensions sans être altérée. En fonction des choix d’acquisition et de stockage des données, jusqu’à plusieurs millions de points peuvent être mesurés par objet. Des traitements sur les données produites sont réalisés afin d’exploiter au maximum l’information extraite de la surface de l’objet. On obtient ainsi un modèle virtuel de l’objet que l’on peut utiliser pour de multiples applications.